Suivi de la situation de la Société d’histoire de Magog


Tribune libre : la Société d’histoire de Magog lance un cri du coeur [LE REFLET DU LAC Le 10 septembre 2025 p23]

Chers concitoyens,

Depuis 37 ans, la Société d’histoire de Magog veille à conserver, valoriser et transmettre notre patrimoine collectif. Grâce à ses archives, ses expositions, ses conférences et ses publications racontent l’histoire de notre région, de ses pionniers, de ses luttes et de ses réussites. Elle est la mémoire vivante de Magog.

Chaque semaine, bénévoles et chercheurs sont présents pour participer à cet effort donnant lieu à des échanges intergénérationnels, des enquêtes stimulantes, des sourires et des fous rires. Consulté tous les jours, partout sur le territoire, le produit de notre travail alimente l’identité et le rayonnement de notre communauté.

Pourtant, depuis plusieurs années, le cœur de cette mission est en péril.

Faute de financement suffisant, la Société d’histoire de Magog doit envisager le démantèlement de son centre d’archives et la cession de ses fonds à des institutions situées hors de la région, mais qui peuvent offrir des conditions de conservation pérennes. Ce serait évidemment une perte irréparable pour notre communauté si cette source de savoir, de rencontre et de transmission emporte avec elle des milliers de documents, de photographies, de témoignages et de récits qui font notre identité.

Ainsi, le 15 septembre, après des années de statu quo, la Commission de la culture de la Ville de Magog devra se pencher sur l’avenir de la plus importante ressource en matière de patrimoine historique dans l’ensemble de la MRC Memphrémagog. Rappelons que, dans sa Politique culturelle et patrimoniale adoptée en 2021, la Ville s’était engagée à poursuivre l’acquisition de connaissances, ainsi qu’à planifier la protection et la conservation du patrimoine culturel jouant un rôle structurant dans le développement.

Pour assurer le maintien des ressources en place à la Société d’histoire de Magog, un soutien financier supplémentaire d’environ 15 000 $ doit être confirmé d’ici 31 décembre 2025.

Nous lançons donc également un appel à tous les citoyens, aux élus, aux commerçants, aux amoureux de l’histoire : parlez-en autour de vous, participez aux activités, faites un don. Que ce soit par des contributions individuelles, un appui d’entreprise locale ou une subvention gouvernementale, notre souhait demeure d’assurer un service de conservation professionnel de nos archives historiques chez nous. Par un engagement collectif, nous avons espoir de pouvoir éviter cette amputation à notre richesse collective.

L’histoire ne se résume pas à des dates et des faits. Elle est ce qui nous unit, ce qui nous définit, ce qui nous inspire. Avec espoir et détermination.

Par le conseil d’administration de la Société d’histoire de Magog

Plus en détail

La Société d’histoire de Magog a été fondée en 1988 dans la foulée des célébrations du centenaire de Magog. Elle reçoit ainsi une grande partie des archives et documents de recherches collectés à cette occasion.
 
Elle développe des activités des diffusions et devient une référence en histoire pour Magog et sa région.
 
Au début des années 2000, la Ville et la Société d’histoire de Magog partagent une vision et l’octroi d’un financement de 25 000$ qui doit être majoré chaque année renforce la professionnalisation de l’organisme. Le centre d’archives devient reconnu dans la communauté et on y dépose des fonds importants au fil des ans (Studio R.C.,  Jacques Boisvert, Centre d’arts d’Orford, Famille Merry, etc.).
 
Avant 2014, la Ville recul sur son financement, qu’elle désire réduire à 25 000$. C’est ainsi qu’en 2014, la Société d’histoire de Magog annonce que sa pérennité est en péril. La position de la Ville est qu’elle finance suffisamment l’organisme et que celui-ci doit revoir sa gouvernance et son financement autonome.

Un comité de transition est mis sur pied et une consultante externe accompagne l’organisme dans sa restructuration sous une commande la Ville. En 2015, la consultante présente à la Ville 3 scénarios où l’implication financière dictera le niveau de service qu’elle peut attendre de la Société d’histoire de Magog. Parallèlement et en consultation avec la Ville, la Société d’histoire de Magog procède à l’embauche d’une nouvelle direction générale, met à jour ses règlements généraux et élabore une planification stratégique. L’ensemble de la démarche semble orienté vers le souhait de conserver un centre d’archives sous la gestion d’un professionnel, un scénario impliquant un appui financier de 31 000$ ou plus, toujours selon la ressource experte mandatée conjointement par la Ville et la Société d’histoire.
 
Lors de l’élaboration de la nouvelle entente, la Ville recul et maintient non seulement son financement total à 25 000$, mais le scinde de façon à ce qu’une partie soit réservée à des projets admis. L’objectif serait de stimuler le dynamisme de la Société d’histoire, mais l’impact est de diminuer encore davantage le financement au fonctionnement régulier, soit le financement de l’unique ressource permanente de l’organisme. Toutefois, la compréhension de la Société d’histoire de la situation est que, si elle démontre à nouveau sa saine gestion et augmente son financement autonome, la Ville sera de nouveau encline à soutenir davantage sa mission.

2017: Des modifications sont apportées aux ententes au fil des années pour essayer de tenir compte des préoccupations des deux partis, comme le retour à un montant unique pour le fonctionnement de l’organisme qui se doit toujours de démontrer ses retombées pour la communauté, entre autres. La Société d’histoire obtient par ailleurs des subventions pour des projets importants (Traitement de fonds, exposition virtuelle pour l’éducation, etc.), et s’assure d’augmenter ses revenus autonomes. Néanmoins, ces revenus ne représentent pas des bénéfices nets et impliquent des investissements de ressources qui laissent peu pour pallier au déficit de financement de ses activités régulières. Malgré le respect des conditions des ententes précédentes, la Ville refuse d’envisager une majoration de son financement.
 
2018 : La nouvelle direction générale reçoit le mandat d’accélérer le traitement et le transfert de données concernant les archives dans une base de données permettant d’améliorer la réponse aux demandes externes et alimenter les revenus autonomes, notamment. Pour ce faire un ménage important du centre d’archives doit être réalisé. Le traitement initial des archives par des bénévoles depuis 1988, puis les manques à gagner durant plusieurs années, ont laissé le centre de conservation dans une grande désorganisation. On espère ainsi trouver une avenue de commercialisation capable de sauver la Société d’histoire.
 
2019-2021: La pandémie nuit aux efforts de diversification des revenus et la Société d’histoire continue de jongler avec un manque à gagner d’environ 15 000$ annuellement. Les revenus autonomes générés ne permettent que de compenser l’inflation annuelle. Des signaux d’alarme sont envoyés à quelques reprises à la Ville et à la population.
 
Fermeture temporaire de 2023 à 2022 : Le conseil d’administration de la Société d’histoire de Magog annonce qu’à moins d’une augmentation de son financement, elle devra fermer ses portes à la fin de l’année 2022, n’ayant plus la capacité de rembourser sa dette accumulée et de payer sa direction générale. Bien que, grâce à un généreux don privé, la Société d’histoire de Magog n’est finalement plus à risque de faillite, la Ville de Magog, pour sa part, choisit de ne pas se commettre dans la sauvegarde de l’important organisme culturel. Elle soutient encore une fois que sa situation financière relève d’une mauvaise gestion et suspend son financement.
 
2023 : L’organisme doit cesser ses activités à compter du 1er janvier 2023. Le conseil d’administration bénéficiant d’une relève professionnelle intéressante, dont celle du comptable Michel Langlois, il est en mesure de monter un dossier solide pour la Ville. L’organisme multiplie les représentations pour démontrer l’importance de ses activités et leurs retombées, ainsi que pour expliquer leurs états financiers qui se révèlent cohérents avec leur discours concernant les besoins de l’organisme et les défenses incontournables.

2024: En 2024, la Ville accorde le financement rétroactif de 2023 qui est bonifié d’un montant correspondant à l’inflation de l’année précédente en respect de sa nouvelle politique de soutien à tous les organismes reconnus.  Elle signe également une entente pour l’année 2024 selon les mêmes termes (28 000 $). Les sommes combinées de 2023-2024 permettent une relance rapide des activités. Une aide-archiviste, anciennement employée de la SHM est réembauchée à temps partiel et prendra graduellement le titre d’archiviste, puisqu’elle est la seule ressource permanente à la Société d’histoire. Effectivement, les économies en banque ne permettent pas d’envisager l’embauche d’une nouvelle direction générale tant qu’un financement récurrent adéquat ne peut être sécurisé.
 
2025: La réouverture de la Société d’histoire fait des heureux et de nombreuses demandes sont soumises en 2025. De plus, de nombreux bénévoles viennent travailler dans les locaux. Les besoins sont si nombreux, qu’une ressource temporaire doit être embauchée pour soutenir la présidente qui effectue depuis 2 ans les tâches de direction générale bénévolement. D’ailleurs, à la fin de l’année 2024, une expertise externe commandée par la Ville de Magog démontre une fois de plus la nécessité des ressources permanentes que souhaite maintenir la Société d’histoire de Magog. Malheureusement, l’entente financière de la Ville de Magog est toujours sensiblement la même, les économies de 2023 s’épuisent, et l’augmentation des revenus autonome est insuffisante pour assurer encore une année de fonctionnement au même rythme. Le conseil d’administration se voit donc à nouveau forcé d’envisager le démantèlement du centre d’archives pour son transfert dans des institutions pouvant garantir des standards de conservation suffisants.

Merci de vous informer de la situation.
La Société d’histoire accuse un manque à gagner de 15 000$ depuis plusieurs années pour pouvoir assurer le salaire de ses ressources humaines, malgré différentes tentatives de demande de subvention et de développement de financement autonome. Grâce au généreux don d’une de nos membres, la dette cumulée durant les années de pandémie a été épongée et la suspension de nos services en 2023 a permis d’économiser suffisamment pour nous donner 2 ans d’opérations. Si la subvention de la Ville demeure la même que prévue pour 2026 et que nous ne trouvons pas une autre source de financement de 15 000$, en tenant compte des autres revenus que nous arrivons normalement à générer, nous ne serons pas en mesure de terminer l’année sans faire un autre gros déficit.

Ceci étant dit, pour répondre à votre question, un 15 000$ maintenant permettrait donc d’envisager encore une année de travail de recherche de solution pour la SHM. Effectivement, pour assurer la pérennité de la SHM, il faudrait que ce 15 000$ soit relativement récurrent, comme une entente de financement majorée par la Ville, ou une nouvelle avec la MRC, par exemple. Nous avons également entrepris des réflexions sur la mutualisation des ressources avec la Maison Merry, mais aucune garantie sur le maintien des activités du centre d’archives ne pouvait nous être accordée. Notre espoir est qu’en 2029, les modalités pour l’agrément de Centre d’archives privé agréé, administré par Bibliothèque et archives nationales du Québec, soient modifiées de façon à ce que de nouvelles candidatures soient possibles et que du financement s’y trouve au niveau provincial. Mais, il faut encore tenir jusque-là.  Il faut dire que les dernières années d’activité ont été réalisées avec l’investissement inestimable de temps pro-bono de quelques professionnels, amis de la Société d’histoire de Magog. L’administration de la Société ne peut pas reposer éternellement sur leur générosité.

Finalement, c’est important de dire que des subventions sont disponibles pour les projets et que la SHM est en mesure d’appliquer pour augmenter ses revenus. Néanmoins, ces projets doivent venir avec les dépenses correspondant au montant subventionnés. Ce ne donc pas des sommes qui peuvent être appliquer au salaire de l’archiviste pour le traitement régulier des archives et les tâches associées au fonctionnement de l’organisme. Ceci nous porte constamment à sacrifier la gestion du centre d’archives au profit des projets de diffusion et d’animation.

N’hésitez pas si vous souhaitez davantage d’information

Au plaisir

Josianne Jetté
Présidente
Société d’histoire de Magog

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